À pas même un mois d’écart dans l’été, 30 juin - 26 juillet 2009, Pina Bausch et Merce Cunningham sont morts. Avec étonnement sans doute, et curiosité de la logique de ce nouvel épisode et en intime précision, en tout cas il en a été ainsi à chaque phase de leur parcours, ils ont fait leurs débuts dans la mort. Avec grâce. Tâtonnant pour la forme, la forme ça ne se trouve pas toujours d’un coup, la forme de la mort ou une autre, et non sans détermination, pas plus de détermination cette fois que les autres fois, une détermination gracieuse. Mais ne nous ont pas quittés. Il n’y a dans cette conjoncture ni hasard, ni destin. À moins que le hasard se soit glissé dans le destin, de son pas de patineur, comme ça, sans avoir l’air d’y toucher, c’est loin d’être exclu. Ou est-ce le destin, tapi, aux aguets, qui lui porta un coup fatal pour le punir d’être allé là où il était interdit ? Toujours est-il que le hasard ne s’en remettra jamais. Été qui veut ça.

 

L’étonnement de chaque nouvelle phrase. Un début sans fin. Je le sais parce que j’étais là – je sais qu’ils sont morts, j’étais dans cette zone de tôle ondulée où les événements de cette ampleur ont lieu, je puis témoigner. C’était éblouissant. Non que j’aie mon mot à dire – seulement quelques précisions sur les circonstances, observées de tout mon être.

 

d’ailleurs cette nuit le mot mort n’a pas son poids habituel de drap

sur lui

est-ce manque de lin ? ou l’air conditionné ?

dors

 

Ne nous ont pas quittés, c’est tout le contraire. Cela veut-il dire qu’ils nous ont emmenés là où ils sont ? Très certainement, une part considérable de nous-mêmes en tout cas, cette part qui ne saurait être détachée d’eux. Ou bien les avions-nous si peu que ce soit précédés, dans cette action d’ensemble ? Et tout de suite une voix : tu te prends pour qui, pour dire ça ? Je me prends pour ce que je suis, personne, à ce stade et depuis toujours.

 

Quand il est arrivé, elle venait juste de finir de se démaquiller, et son visage commençait de prendre cet air de légèreté qu’ont seuls les morts, enfin délestés de la peine de la vie – légèreté et innocence que tous les vivants peuvent leur envier, et que le visage de Merce Cunningham allait bientôt revêtir à son tour. Comme si elles avaient été conçues pour lui – et en vérité elles l’étaient. Aussi est-il resté très peu de temps dans la cabine, entre les mains expertes. Et nous, me disais-je, il y aurait tant et tant de couches à ôter pour nous retrouver cette beauté de traits, peut-être est-ce inenvisageable.

 

Gestuelle, j’étais émerveillé, elle avait repris son allure d’hirondelle, celle de quand elle dansait Café Müller, cette pièce, ou époque, qui donnait à penser qu’aucune hirondelle n’avait jamais volé avant qu’elle fût créée. Et de fait, anticipant l’annonce de sa mort, les hirondelles, en spécialistes du pressentiment, dans ma campagne tout au moins, laissant leurs nerfs aux martinets dans les hangars, s’élancèrent en collants aux coutures de cocaïne (ou cicatrices, difficile à dire d’ici), mauves, violets, noirs, moires, souples sensuelles silencieuses escadrilles du deuil,

 

hirondelles les traits tirés,

 

et par mimétisme (qui est l’un des grands ressorts du destin), ou plutôt par tendresse (qui en est un autre), on pouvait voir Merce vêtu d’une culotte emboîtante, en polyamide et élasthanne, montant haut au-dessus de la taille, et soulignant d’autant mieux ses seins d’hirondelle,

 

et moi, qui ne suis non plus à l’abri d’aucun mimétisme, ni de toute espèce de tendresse, j’aurais dû comprendre à temps que le vrai titre de mon livre était Citizen hirundo, libellé d’une grande signature antérieure à toute naissance, mais il était trop tard, beaucoup trop tard, pour opérer le moindre ajustement.

 

Maintenant ils sont nus, et endimanchés. Mimesis chance destin circonstance tendresse. Je vois qu’ils n’ont pas emporté leurs objets transitionnels, suprême bravoure – ou on les leur aura saisis au passage, arrachement sans pareil. Qu’à cela ne tienne, Saskia et Rose leur prêteront Doudou et Lapin.

 

comment osé-je même prononcer le mot début moi qui

comment osé-je mais je

jeunesse effroi jeunesse jubilation de connaissance et de gouffre

il n’y a plus le temps d’ordonner les mots de la fable gaieté

concentration

sur la plage un chien est contraint d’aller chercher la balle dans

l’eau

la mort est dans cette scène je sais ils y sont entrés avec leur génie

je ne sais rien de plus

Comment pourrais-je en savoir quoi que ce soit combien présomptueux, combien déplacé de ma part, moi qui ai la certitude de n’avoir pas commencé d’écrire, de n’avoir pas encore débuté dans mon métier en dépit de tant d’années à me tenir sur le seuil, et qui, du degré ultime d’expérience qu’est un début, ne connais que la nausée et la peur ? À moins que tout commence par l’écriture de la mort, un rien avant qu’elle advienne, juste « en avant de l’action », qui est aussi le cœur d’une oisiveté connue de nous seuls – ou longtemps avant ce qu’on tisonne en le nommant mort, de retour d’un bain cruel – mais dans le plein sentiment d’elle – et ce serait la raison pourquoi je suis en éveil ?

 

À tous je dis ne restez pas à attendre, c’est trop aléatoire. Et aussi je m’accuse : d’eux, comme de tants de vivants, je ne pouvais plus supporter la présence. Morts, je mesure mon ignominie, leur départ m’engloutit.

 

Où est le lien avec la mort, dans cette scène de mon enfance ? Ni dans la balle qui happe les bonds du chien, ni dans les ricochets sauvages de la phonie sur la mer, non plus dans l’étendue loyale de la plage, ni dans la voix obscène qui crie apporte apporte et ne connaît rien d’autre de ce qu’a de très beau l’obstination – où est la mort, dans cette scène que Merce et Pina, de toute évidence, ont vécue dans leur jeunesse, celle-là ou une autre, avec énormément d’écart entre elle et lui ? La mort est dans la récurrence de cette chorégraphie, pour nous dire aujourd’hui qui nous sommes et ce que nous avons fait. Vertige intact emblème, sommation.

 

qui est-ce, dis-moi, c’est certainement la mort, avec sa pisse

d’adolescente

 

them

thème

 

De cette scène si complexe, si limpide, au seuil existentiel de laquelle j’ai été rivé toute ma vie, qu’ont-ils fait ? Même engagement dans le total de la fable et détachement concerté de la fable, mais l’un, Merce Cunningham, a en quelque sorte décomposé ce moment combinatoire, il lui a ôté de son caractère figuratif (mais non son caractère humain), il a compris le potentiel de son énergie intérieure et en a développé les implications formelles (la vérité), toutes fondées dans une continuité logique, absolument vitale, mélodie dont il est le découvreur. Ce même moment, dont elle a également saisi le potentiel, Pina Bausch l’a épinglé, suraccentué et comme surcomposé dans un tel quel prodigieux. Lui, a disjoint la sono de la scène d’origine, avant lui inséparables. Elle, qui n’est pas l’autre; si lui est l’un elle est l’un ;

ou l’un et l’autre sont le e ôté à la lune

qui quelle soie eux deux fées

a eu l’oreille, la vista, la volupté d’y adjoindre des airs irrésistiblement à la mode, comme autant de barricades mystérieuses, avec pour effet immédiat de sortir ce théâtre d’aucun temps spécifique. À eux deux, notre époque, dont, pour mieux comprendre et me recueillir en cet instant de deuil, je coupe le son dérisoire mais non l’image qu’ils m’en donnent. Et puis le son c’est quand même mon affaire.

 

avec une telle sûreté dans le biais du tissu, tu nageais, tout ce

temps

dont la composition me travaille depuis l’enfance, sons associés

sons dissociés, mouvante, non enfantine

et ceux que j’ai pu infimement détacher du réel sont mes sons les

plus engagés dans la vérité

je sors d’une sieste terrible

août autorité

déambule qui des deux

portant un panier de vertèbres

leurs, les miennes

Déjà la veille, aux mêmes heures de l’après-midi, pour contrer un mal de crâne, je ne sais si c’était autour de ma tête, j’improvisai un turban de serpillière, vaste et négligé.

 

J’avais appris son décès, à la radio, sur une route de campagne étourdissante de beauté, de pénétrabilité, j’allais juste dire à la route : vraiment, je peux t’aimer ? – question que l’annonce de la mort interrompit (il n’aurait pas voulu ça) – désir pour désir, deux heures plus tard, comme si j’avais besoin d’une confirmation, dans le jardin cette fois, absorbant la nouvelle, ou plutôt hors d’état d’absorber la nouvelle – des piérides de la rave je crois – quatre papillons en tights blanc crème, avec semis d’écailles grises au bord des ailes et au milieu un point noir, volent de conserve – ensemble dont les éléments ne cessent de se désunir, pour se réunir dans un rapport les uns aux autres toujours nouveau, toujours compté, et chacun dans son rapport à lui-même, également anxieux, muette étude de grammaire – papillons d’égale inaccentuation dans l’importance générale – disons un dispositif, chance et nécessité, précisément une portance pour papillons, le travail même – attraction selon la dictée d’une poésie douloureusement actuelle, même si devenue en quelques instants du passé – poésie (tu t’autodétruis n’est-ce pas) pour être lue grande ouverte.

 

de se pencher sur mon berceau

façon qu’ont les fées avides

 

Si – j’avais besoin de cette confirmation. Je dois dire que j’ai un besoin fou de ces illustrations en abîme, auxquelles je ne m’attends jamais et que nullement je ne provoque. Est-ce moi qui les intoxique, ou l’inverse ? Il n’y a pas à se méfier d’elles ; elles peuvent être renversantes, ou anecdotiques; il faut faire avec, et surtout faire sans, ne pas se laisser aller à penser qu’elles valident mon métier, tout au plus elles en accroissent l’excitation et l’angoisse. Qui, du quotidien de la vie, ou de l’art, prend modèle sur qui, je ne saurai jamais. Je pense que la vie, même avant Proust, prend modèle sur Proust qui lui-même, dans le travail quotidien de l’écriture, n’a eu pour modèle que le réel. C’est un échange humble et tantôt très sobre, tantôt déchaîné, à antennes et certains jours sans – quand même quelque chose d’impressionnant l’écriture comme le disait avec simplicité, et si pertinemment ce matin (sur France-Inter et sur la même route), un écrivain doué entre tous et dont je jalouse le style.

 

Je les vois impatients, faisant des signes, je me rapproche encore, à les toucher, ils griffonnent une liste de livres, Degas danse dessin à leur apporter d’urgence, et aussi Un amour de Swann, Discrete series et La princesse de Clèves. Je pense qu’ils font ça pour me rendre heureux, et pendant que j’y suis j’ajoute In lieblicher bläue, le plus beau poème de Georges Oppen. Je comprends ce qui relie ces textes, qu’ils ont été écrits par des Objectivistes, et doivent être mis entre toutes les mains. Bouleversé, je ne mesure plus le lieu, ni le temps, ni l’identité – c’est une chose de plus qu’ils auront fait pour moi, me faire perdre tout point de repère. Je crie tous les noms de papillons qui me viennent, l’hespérie de la mauve, le vulcain, l’apollon, l’azuré de la faucille et l’azuré du baguenaudier, et aussi l’argus de la sanguinaire, mais aucun son ne sort de ma bouche – tous se fixent sur la cuillère d’absinthe – leurs capes, brio dans l’insilence.

 

me quitte

la vanesse des cadavres

du champ de bataille tout proche revient cachant mal son ivresse le

sablé du sainfoin lourd de mélancolie

 

15 août – été, comment résister à la bascule funèbre ? Depuis la mort de ses chorégraphes, le monde se demande qui va le comprendre et le mettre en scène. Comme s’il y avait toujours eu quelqu’un jusqu’à présent. La chorégraphie qui s’annonce est spécialement peu rassurante. D’habitude, le chorégraphe précède les danseurs ; cette fois, parmi les successeurs seuls les danseurs sont là, avec leurs prothèses, cheetah legs en fibre de carbone qui confèrent une élasticité, une maladresse, une indécence jamais vues, et donnent, aux danseuses surtout, comparées à celles qui les ont précédées dans le métier, un avantage de sexibilité exorbitant. Nouveaux galbes, nouvelles cambrures, nouvelle chirurgie nouvel éros, ces appareils et eux seuls dicteront les chorégraphies appropriées. Ô bionique, ô technosolitude.

 

lentement, à vide, lentement est-ce dans des environs de plâtre,

toutes vitres baissées, ne crissant pas, ses pneus morbides

 

Par rapport à ces nouveaux corps le mien est bête. Avec la mort de Merce et de Pina se liquide tout un monde, mais cette vague, de solde à tout prix, a commencé bien avant leurs décès. S’efface un ancien corps, ou plutôt devient brutalement anachronique le corps – le mien, il faut croire, en tout cas celui auquel j’ai appartenu, mais qu’il soit le mien compte peu, il était celui de toute l’époque – corps entier, même si abîmé par le travail de la danse, être étonnamment attentif, dévoué et ignorant, prêt à l’invention de la vérité et offrant sa mémoire en sacrifice, sans réhabilitation possible, sans retour, dont Cunningham et Bausch ont, chacun à leur manière, extrait toutes les intelligences qu’il était en leur pouvoir d’extraire, tant et tant d’énigmes dans la foule des thèmes possibles, et, allant de pair dans sa situation, le sentiment de soi et le sentiment de l’autre – expérience-monde attitude. Stop. Le corps d’aujourd’hui est dur, inavouable, dur corps d’amputé dur. Jambes à lames. De force, une nouvelle mesure. Chant de suppression. A son chic. Dont la guerre et le sport font la promotion. À moins que ce soit lui qui fasse la promotion de la guerre ce sport. Massacres en tant qu’extrêmes délices. D’où l’on revient atroce, propret. Corps des recrues. Voudrais-je en adopter les prothèses, la poétique, je ne le pourrais, dans mes hanches les fléchisseurs les refuseraient. Et les récepteurs au bout des nerfs, dans le moignon, les rejettent. Ce n’est pas que je me détourne, mais je manque de moyens. Et puisque mon corps est bête mon regard sur les nouveaux systèmes est inopérant.

 

En la matière, j’en suis resté au bleu limpide de la vareuse de l’invalide qui, tout à fait à gauche du tableau de Manet, sur le trottoir, illumine et fonde la totalité de la surface de La rue Mosnier aux drapeaux. Bleu adorable de Manet, je n’ai jamais été seul dans la vie, j’ai toujours vécu avec son corps. Bleu de Mahler.

 

une semi-remorque

a été laissée à elle-même sur le plateau à simulacres

pleine des nuages qui sont dans les hommes, pleine du temps à

couper le souffle où la totalité d’un corps était en jeu, ici pas de

nostalgie mais du fer

pleine de règles, d’improvisations, de comptes de répétiteur, de

désaccents, d’abstractions de valses, d’interpellations aux

fenêtres – études de fatigue du métal

remorque d’où Narcisse est éjecté

s’y trouvent aussi des étirements aveugles, si bons, modes de

connaissance, poussés à la limite de la déchirure au cœur du

secret – ainsi que le supplice de secondes qu’on ne comprend

plus, positions à tenir pourquoi exige-t-on ça, le corps brûle

parce qu’une partie du travail s’accomplit contre lui et c’est alors

que tout se joue, dans l’épuisement même, on ne peut vivre que

détruit – êtes-vous fébriles

sans parler de l’inaction histoire très violente

et dans cette même remorque sont les schémas en à-plat, sans peur,

en lucidité d’admirables diagonales, et les schémas en profondeur,

il faut se livrer intégralement à ces périodes, confiance dans

l’exposé

pleine de coups de sifflets, pleine d’ossements

ô cheetah, cheetah

remorque où embarque le bleu auquel j’appartiens

 

Ce qu’il eut fallu c’est un module deuil joie, joie obscure deuil, d’une grande qualité de langue, de souffle, qui précède et accompagne, pour la présence et le manque, un youyou quoi, de la seule durée des femmes, mais je ne sais le chanter

durée affame

idoine pour l’enterrement d’une jeune fille – trop jeune pour avoir été mariée ainsi sont morts Pina puis Merce, c’est d’une inventivité, d’un technique d’un musical tels que je n’oserais en aborder l’étude.

 

strid

 

Étude : à l’heure où j’écris, l’époque qui a cessé d’être continue sur sa lancée tandis qu’une autre a commencé et c’est ce moment, que mon écriture travaille, les danseurs des deux compagnies font des études de haies d’honneur – dans leur cœur. Applaudissements, ciaos à tout va et quant à moi, je ne trouvais plus le klaxon sur la voiture louée – haute maladresse – le deuil rend les danseurs très gauches, on ne les a pas entrainés à l’adieu, ni eux ni personne, ils répètent des gestes éperdus, étonnamment proches des miens. Puis, croyant à un signal, mais en réalité ça s’est fait d’instinct, les compagnies se ruent en scène et se mêlent, et les danseurs de l’une et de l’autre font des études de foules, incontrôlables et de larmes. Leurs corps, selon à laquelle ils appartiennent, sont très dissemblables. Cependant de cet ensemble on ne parlera jamais assez.

je fais des études de remorqueur

prosopopée

lianes de vanille sucent acacias je me souviendrai

 

Si je ne redoutais de m’introduire de façon très inconvenante dans leur deuil, si ce n’était présumer de l’accueil qu’ils feraient à ces lignes s’ils devaient les lire, je voudrais dédier eux deux fées à Carolyn Brown et Dominique Mercy.

 

Pas de premiers pas. Des premiers gouffres mais pas de premiers pas – la question revient sans cesse, je la trouve vaine, et odieuse. Et puis je suis si peu sûr de savoir ce qui s’est passé (le plus probable est qu’il ne s’est rien passé). Il me semble qu’une voix m’a pris, je lui tombais sous la main. Jeune fille jeune garçon – trop jeunes pour être mariés, ou trop morts ?

mes premiers pas ont été deux pas en arrière

puis ça a été du pas à pas

de côté

jeune fille jeune garçon croisés jeune frise

et çà et là un bond sans élan dans le temps espace

D’autres jours, au contraire, je veux à tout prix comprendre comment tout a commencé, et, bien que sachant que c’est ce qu’il ne faut pas faire, je reconstruis de toutes pièces, c’est d’une grande violence, un berceau dont il est invraisemblable qu’il ait jamais existé – il est clair qu’une voix m’a laissé. Est-ce bien le contraire, ou dis-je la même chose ? Si oui, et pour résumer, l’évidence est que m’ont timbré une voix en manque et une manquante. Nous sommes entrés dans septembre, il a fait inusuellement chaud en ville ; des feuilles mortes séchées, poussées par le vent, courent dans le caniveau le long du trottoir dans un bruit de celluloïd, selon des enchaînements cunninghamiens. Et plus cunninghamiennes encore les notes de celluloïd. Pina Bausch ne perd rien de l’inventivité de la scène. Elle cherche des yeux un figurant qui jure de se rentrer les pas dans la gorge. Pourquoi m’ignore-t-elle ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

___________

eux deux fées was first published in book form by Michel Chandeigne, Paris, in October 2009.  Copyright Dominique Fourcade and editions P.O.L.


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